Le boom du bois dans la ville

De mai 2012 à mars 2013, « Le bois dans la ville » a fait l'objet de huit colloques organisés pas Bois.com. Ils se sont tenus à Dijon, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Aix-en-Provence, Lille, Bordeaux et Nantes. De nombreux experts ont commenté l'utilisation du bois en milieu urbain. Ils ont montré la vitalité de cette solution, en France et dans le monde.

Noter cet article :

12345

De multiples utilisations du bois en milieu urbain

Des intervenants de tous horizons sont venus exposer les différentes manières d'utiliser le bois en ville.

Surélévation

Le bois intervient dans la modification de la hauteur de bâtiments. Une opération qui permet de densifier le tissu urbain, ce qui est parfois impossible avec de la maçonnerie. Certains bâtiments anciens n'en supporteraient pas le poids. En revanche, de par sa légèreté, le bois constitue une solution efficace pour ce type de projets.

À Aix par exemple, Jacques Di Stefano, maître d'ouvrage, Bruno Paillet et Alexandre De Besombes, architectes, ont présenté la surélévation d'un immeuble des années 1960. Ils ont en outre mis en évidence la facilité et la rapidité d'utilisation du bois, grâce à la préfabrication d'éléments en atelier.

Multi-étages

Les constructions de plusieurs étages sont évidemment très courantes dans la ville. Ainsi, Andréa Spöcker, architecte allemande, a présenté lors du colloque de Lyon des bâtiments de grand volume (jusqu'à 9 étages) réalisés en Allemagne, en Autriche mais aussi en Italie. La France reste plus hésitante.

Marine Morain, du cabinet d'architectes Arbor&sens, est également venue apporter son expertise au colloque de Lyon, avec la présentation d'un projet R+4 nommé « Les jardins de Jules ». Cet ensemble de logements sociaux de Villeurbanne conjugue passivité, acoustique et visibilité du bois. Un vrai défi dont elle a livré toutes les clés de la réussite. 

Extension et restructuration

Le bois permet également l'extension et la restructuration de constructions plus anciennes, notamment pour les bâtiments publics. L'une des préoccupations des élus est alors de savoir comment ce matériau vieillira. Dans une optique de réassurance et de partage d’expérience, Sarah Bossy du conseil régional PACA, a expliqué comment cet organisme incite à l'utilisation du bois, entre autres dans la rénovation des bâtiments scolaires.

À Strasbourg, c'est Nathalie Larché, architecte, qui a présenté un projet de construction de gymnase dans un Lycée de Colmar. L'utilisation du bois y a été privilégiée tant pour la structure que pour l'habillage.

Dent creuse    

Densifier le tissu urbain ne consiste pas toujours à agrandir ou modifier l'existant. Parfois, il est nécessaire de bâtir dans des endroits incongrus. Le bois peut alors constituer la seule solution pour transformer ces « dents creuses » en espaces habitables collectifs. En témoigne le projet exposé par Benoit Lalire de l'OPAC de Dijon avec l'opération « Beaumarchais ». Dans un minuscule espace à côté d'une école, le bois a rendu possible l'édification de douze logements en R+3.

Isolation thermique

Dans le domaine de la rénovation thermique, le bois joue également un rôle essentiel : il peut servir de structure légère pour un isolant ou d'isolant lui-même (laine de bois, par exemple). Dans un contexte où plus de la moitié des logements a été construite avant les années 1970, et avec la mise en place des premières réglementations thermiques, les besoins en rénovation deviennent une problématique majeure.

L'amélioration énergétique du parc immobilier a été l'une des lignes directrices du témoignage de Lucie Merigeaux lors de la conférence qui s’est tenue à Nantes. Cette responsable des services techniques du centre dendrotechnique (Cedotec) de Lignum (Suisse) a expliqué en quoi le bois était concurrentiel pour la rénovation.

Une mobilisation à toutes les échelles

Des plans au niveau régional

La crise de l'énergie encourage les régions à construire des bâtiments durables à basse consommation. L’usage du bois est l'une des manières d'atteindre cet objectif inscrit dans le Grenelle de l'environnement. Pour être efficaces, les régions doivent regrouper les forces de leurs acteurs locaux dans de larges structures. 

M. Clément Cohen, directeur du Développement Durable de la ville et de la communauté urbaine de Toulouse, est ainsi venu faire part du plan « Grand Toulouse »

Une volonté nationale

À l'échelle nationale aussi, la mobilisation s'organise autour du bois. La filière industrielle forêt-bois pèse de tout son poids pour encourager l'utilisation de ce matériau dans la ville. Elle représente 60 milliards de chiffre d'affaires et 440 000 emplois, comme l'a expliqué Luc Charmasson au colloque d'Aix.

Le vice-président du CODIFAB (Comité Professionnel de Développement des Industries Françaises de l'Ameublement et du Bois) a confirmé la volonté du gouvernement de faire participer le bois au redressement de la France. 

Une préoccupation mondiale

Le renouveau du bois dans les concentrations urbaines ne se limite pas à la France. C'est un phénomène mondial. De nombreux intervenants internationaux ont démontré durant les colloques des solutions adoptées, en Europe et ailleurs.

Le boom des constructions multi-étages en bois à Zurich a été commenté à Dijon par l'architecte et ingénieur civil Markus Mooser, directeur du Cedotec en Suisse. Dominique GAUZIN-MÜLLER, architecte, enseignante et rédactrice en chef du magazine Ecologik a quant à elle présenté à Aix des exemples d'habitats en Autriche, en Allemagne, en Finlande et au Brésil.  

Le bois en tant qu'élément culturel dans la ville

Le thème méconnu de l'impact culturel du bois dans une société durable a également été abordé au cours des colloques du « Bois dans la ville ». Ce matériau permet de rompre avec l'aspect minéral des concentrations urbaines, de créer des bâtiments différents dans lesquels il se marie avec le béton.

C'est ce qu'est venu montrer à Lille Yvan Ikhle. Cet architecte du cabinet AIX Arkitekter AB, à Stockholm (Suède) a discuté de l'art de concilier frugalité et satisfactions de plaisirs naturels et nécessaires (pour reprendre Epicure). L'auditoire a pu prendre conscience des différences de comportements sociaux entre des univers de bois chaud et de béton froid.

Visites de chantiers

Les colloques ont également été l'occasion pour les participants d’assister à des visites de chantiers, habituellement fermés au public. Ainsi en amont du colloque d'Aix, on pouvait visiter celui de la surélévation d'un immeuble en centre-ville. Sur l’Ile de Nantes, au cœur du quartier de la création, ce sont les coulisses d'un futur bâtiment de 1 500 m² consacré au bois qui ont été admirées.

Ainsi, chacun a pu constater que le bois possède de multiples atouts sur un chantier.