Bâtiments bois basse consommation

Pour une construction bois énergétiquement innovante

Un bâtiment performant sur le plan énergétique doit être envisagé de façon globale, à travers plusieurs critères essentiels : compacité, insertion dans l’environnement, isolation, chauffage, étanchéité à l’air, confort d’été. Car les qualités naturelles du bois, quoique réelles, ne suffisent pas. Il s’agit d’équilibrer l’ensemble et de veiller à chaque aspect du chantier, précisément.

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Compacité du bâtiment, jeu de surfaces

La réduction de surfaces en contact avec l'extérieur permet de réduire les déperditions de chaleur. La compacité froide du bâtiment (exprimée en mètres) s'évalue par le rapport entre volume et surface de parois. Plus la compacité est grande, plus les déperditions sont réduites.

Insertion dans l'environnement : favoriser le bioclimatisme

La construction du bâtiment est choisie selon son orientation : les apports solaires (lumière, chaleur) sont à favoriser, notamment en mettant l'accent sur les vitrages, exposés au sud. Pour prévenir la surchauffe en été, des plantations peuvent être réalisées dans le jardin afin de filtrer les rayons solaires ainsi que la mise en place d'occultations extérieures. Il est également important de tenir compte de l'environnement proche (réseaux, nuisances sonores, paysage) pour un aménagement confortable.

Isolation des parois et menuiseries, un point essentiel

Le coefficient d'isolation d'une paroi est l'un des principaux paramètres à étudier pour un bâtiment thermiquement performant. L'avantage de l'ossature bois est de favoriser une forte isolation entre les montants, pour une faible épaisseur de mur.
Le bois possède en outre un pouvoir isolant : massif ou en panneaux, sa conductivité thermique est comprise entre 0,10 et 0,15 W/m.K. Insuffisant seul, il offre un bon complément.

Les menuiseries extérieures peuvent être cause de ponts thermiques. On veille donc aux performances du vitrage, mais aussi à celle du châssis. Il s'agit de trouver un équilibre entre apport solaire et isolation.

 

Tableau comparatif des matériaux isolants

Matériau

Conductivité thermique λ en W/(m.K)

Isolant organique
(polystyrène, polyuréthane, etc.)

0,024 à 0,038

Isolant minéral
(laine de verre, de roche, etc.)

0,030 à 0,040

Isolant végétal
(fibre de bois, chanvre, cellulose, etc.)

0,038 à 0,042

Isolant fibre de bois dense

0,047 à 0,051

Un matériau est ainsi considéré comme isolant, si sa conductivité thermique est inférieure à 0,060 W (m.K).

Ventilation et chauffage, pour un système performant

L'installation d'un système de chauffage et de renouvellement d'air vient compléter une isolation soignée. Une ventilation mécanique double-flux associée à un échangeur calorifique permet de réaliser une grande économie de chauffage. Les pièces à vivre sont chauffées par l'air provenant des pièces humides (cuisine, salle de bain).

Etanchéité à l'air, un atout contre les pertes énergétiques

Une étanchéité à l'air mal effectuée peut occasionner 25 % des pertes énergétiques du bâtiment. Dans une construction bois, les principaux points de fuite sont les liaisons entre parois verticales et horizontales.

A surveiller en priorité :

  • le raccord dalle / mur : la jonction de l'ossature bois et de la dalle en béton est délicate puisqu'elle associe deux matériaux ne travaillant pas de la même manière. Pour sécuriser l'ensemble, un surplus de membrane frein-vapeur peut être fixé sur la dalle.
  • La jonction des membranes : le placement des pare-vapeur ou frein vapeur est une étape importante du système d'étanchéité à l'air. Pour une parfaite continuité, ils doivent être joints rigoureusement au moyen des colles adéquates.
  • Les menuiseries : si le choix des menuiseries est important, leur pose l'est tout autant. On s'assure de l'étanchéité à l'eau à l'extérieur, à l'air à l'intérieur, et de l'absence de ponts thermiques.
  • Le passage de gaine : pour limiter les zones de contact entre l'extérieur et les parties intérieures, il est judicieux de réunir les systèmes techniques dans un local chauffé et de créer un vide technique, en paroi et plafond.

Test d'infiltrométrie

Le test d'infiltrométrie a pour but de mesurer les fuites et pénétrations d'air parasites au travers des surfaces en contact avec l'extérieur. Il peut être réalisé :

  • en cours de chantier, pour apporter les corrections nécessaires,
  • en fin de chantier, pour vérifier le respect des normes fixées,
  • dans des bâtiments existants, pour détecter les fuites à colmater et diagnostiquer la qualité de l'air intérieur.

Où trouver un diagnostiqueur ?

Il existe un réseau des entreprises de thermographie et d'infiltrométrie : Aactime (www.aactime.com). Par ailleurs, le site internet de l'association Effinergie recense les sociétés en mesure de faire les tests, en vue de l'obtention du label (www.effinergie.org).

Confort d'été, l'autre aspect des performances thermiques

Pour un habitat agréable à vivre tout au long de l'année, il convient de veiller au confort durant l'été. Plusieurs mesures permettent de réguler la température intérieure :

  • les vitrages de doivent pas dépasser 20 à 25 % de la surface habitable. On les équipe de protections solaires (brise-soleil, stores réfléchissants extérieurs).
  • La ventilation par surventilation nocturne permet de réduire la température de 2 à 5°C.
  • La végétalisation du toit ou des façades assure un rafraîchissement naturel.
  • Une maison bien isolée, avec des matériaux assurant un déphasage adéquat, répond déjà en bonne partie au confort d'été.