Isolation et rénovation thermique

Isolation par extérieur, l’atout rénovation

L’isolation par l’extérieur est la plus efficace pour une rénovation thermique, puisqu’elle protège directement le bâtiment des variations climatiques. Sur la toiture ou les parois, plusieurs techniques sont possibles.

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Le choix d'une isolation extérieure pour rénover une construction bois existante est le plus judicieux. Cette méthode possède quatre avantages principaux :

  • elle permet de réaliser à la fois le ravalement et l'isolation de la maison, ce qui est intéressant en cas de revêtement extérieur dégradé,
  • elle offre un très bon traitement contre les ponts thermiques,
  • elle protège des variations climatiques,
  • elle assure un gain de place, en ne modifiant pas la surface habitable.

La performance dépend en grande partir de l'épaisseur de l'isolant utilisé. Un choix de 12 cm est considéré comme minimal, puisqu'il garantit une température de surface des murs extérieurs de 19 °C environ, par température extérieure de -10 °C. Ce qui donne une température ambiante de 20 °C au sein du bâtiment. Pour la toiture, une bonne épaisseur est également recommandée avec un minimum de 20 cm.

L'isolation extérieure peut être assurée par de nombreux matériaux : isolants synthétiques (polystyrène, polyuréthane), minéraux (laines de roche, de verre), ou encore naturels (chanvre, fibre de bois, ouate de cellulose). On considère comme nécessaire une conductivité thermique λ égale ou inférieure à 0,04 W/m.K.

Zoom sur l'isolant bois

Le bois peut être utilisé efficacement comme matériau isolant. Les panneaux de fibres de bois offrent en effet une conductivité thermique de 0,042 W/m.K. Quant aux laines de bois disponibles en bois ou en rouleaux, elles sont plus performantes encore avec une conductivité thermique de 0,038 W/m.K

Isolation extérieure des murs dans une construction bois, les différentes techniques

Une construction à ossature bois est une bonne base pour lutter efficacement contre les ponts thermiques, en raison de sa faible inertie.

Pour une rénovation thermique de construction bois, l'isolation peut être effectuée par l'extérieur. Seules exceptions :

  • les maisons à colombage, qui perdraient tout leur charme en étant recouvertes,
  • les zones de conservation du patrimoine et les bâtiments avec des façades historiques, soumises à une réglementation spécifique.

Dans les autres cas, l'isolation extérieure des parois peut s'effectuer selon différentes techniques.

  • Enduit mince sur isolant
    Les plaques de matériau isolant sont collées ou fixées mécaniquement sur le mur extérieur, puis on ajoute un enduit spécifique surmonté d'un treillis de verre et enfin un enduit de finition.
  • Enduit hydraulique sur isolant
    L'isolant est fixé sur le mur extérieur. On ajoute ensuite l'enduit hydraulique, un mortier formé de sable, eau et liant (chaux ou ciment). Il est généralement projeté sur la paroi. Le treillis de verre vient couvrir l'ensemble, avant de recevoir l'enduit de finition.
  • Les parements sur isolants
    L'isolant rigide ou semi-rigide est fixé au support, et accueille ensuite un parement : panneaux de bardage en bois, pierres minces ou carreaux de céramique. Le choix du bardage permet de conserver l'esthétique de la maison en bois, et permet de bénéficier de la faible inertie du matériau.

Isolation extérieure des toitures

La toiture représente, avec les parois, le principal lieu de pertes de chaleur dans un bâtiment. Pour cette raison, sa rénovation thermique doit être rigoureusement mise en œuvre.

  • Sur une charpente en bois,  il existe trois principales techniques d'isolation extérieure en rénovation.
  • Le sarking : cette solution, la plus fréquente, est particulièrement adaptée aux réfections de couvertures et permet de réduire les ponts thermiques, tout en préservant le volume intérieur.  Il s'agit tout d'abord de poser des plaques d'isolant (laine de verre, polystyrène extrudé) compressées sur un pare-vapeur, lui-même placé sur  l'ossature existante. L'épaisseur de l'isolant varie selon le choix du matériau de couverture et le parement intérieur du bâtiment (panneaux de particules, plâtre, lambris). On dispose ensuite les lattes et contre-lattes, puis on recouvre la toiture avec le revêtement de son choix. Simple et efficace à mettre en œuvre, ce procédé reste toutefois assez long à réaliser.
  • La toiture rehaussée : cette méthode est assez complexe à mettre en œuvre mais se montre très performante et préserve la surface intérieure de la maison. Il s'agit de déposer la toiture existante, rehausser l'ossature bois au moyen de nouveaux chevrons, placer les plaques d'isolant, un pare-pluie, puis le revêtement.
  • La projection d'isolant : l'isolation extérieure peut aussi être réalisée en projetant un isolant en vrac (chanvre, cellulose) entre les chevrons, après avoir disposé un pare-poussière de protection. Un pare-pluie est placé en protection contre l'humidité, puis un double lattage, et enfin le revêtement.
  • Sur une toiture-terrasse, l'isolation doit impérativement être effectuée par l'extérieur sous peine de créer des ruptures d'étanchéité et de voir se former des fissures sur la dalle de couverture.

    Trois techniques sont utilisées pour l'isolation des toitures-terrasses.
  • L'isolant sur étanchéité ou "toiture inversée" : cette solution est réservée aux terrasses dont l'étanchéité est en bon état. Elle consiste à disposer des plaques d'isolant très résistant à l'eau et à la compression. Ces plaques sont ensuite recouvertes d'une protection lourde en gravillons pour maintenir l'isolant plaqué au sol.
  • L'isolant sous étanchéité : cette technique est à réserver aux terrasses dont l'étanchéité est défectueuse. Il s'agit de disposer les plaques d'isolant sur la terrasse, de les recouvrir d'une ou plusieurs couches de produits d'étanchéité. Enfin, une protection lourde en gravillons est disposée pour maintenir l'ensemble plaqué au sol.
  • La végétalisation : cette option, en plus d'être esthétique, se révèle efficace. Une ou plusieurs couches de produits d'étanchéité sont disposées, sur lesquelles se placent les végétaux. Ce système permet la rétention des eaux de pluie, protège de la chaleur et du froid, allonge la durée de vie du toit en le tenant à l'abri des intempéries.

 

Roger Berthelot, dirigeant de l'ETS Berthelot  (42) spécialisé dans la couverture de façades et l'isolation.

Quels sont les avantages de l'isolation extérieure, dans le cadre d'une rénovation thermique ?

Le principal avantage est que la maison est protégée des chocs thermiques, reçus par les façades. Elle assure aussi une chaleur diffuse à l'intérieur, ce qui est plus confortable. Dans le cas d'une maison mal isolée par l'intérieur et que l'on souhaite rénover, il est préférable de retirer les premiers isolants avant de placer le nouvel isolant extérieur. On notera un gain de place et les performances seront meilleures.

L'isolation extérieure est-elle une solution judicieuse, pour répondre aux exigences de plus en plus grandes en matière de rénovation thermique ?

Oui, absolument. De nouveaux quotas sont imposés par la réglementation thermique et d'autres vont arriver avec la RT 2012. Il faut donc, en général, augmenter l'épaisseur des isolants pour obtenir les performances demandées.

Avec un polystyrène extrudé classique, on travaille aujourd'hui en 12 cm. Cela pourra augmenter par la suite, en fonction des nouveaux objectifs.

Quelles sont les meilleures techniques d'isolation extérieure, pour une construction en bois ?

 Pour ma part, j'utilise un doublage polystyrène classique, que l'on peut couvrir d'un bardage en bois. Cela renforce l'isolation de la façade.*