Le Bois, le matériau qui ouvre le champ des possibles

Dossier Spécial : Le champ des possibles du bois

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Construire avec plus de liberté

Les différents modes de construction en bois (ossature bois, bois massif, mixité bois-béton…) ont le vent en poupe, qu’il s’agisse d’habitat, avec de nombreux logements achevés ou en cours de réalisation, ou de programmes tertiaires, comme par exemple l’emblématique siège de l’INPI à Courbevoie ou encore les locaux de l’école supérieure du bois à Nantes. Les techniques bois offrent en effet de nombreux avantages. Grâce à la préfabrication, la construction bois transfère en atelier une partie des tâches habituellement réalisées sur chantier. L’organisation du travail en atelier,  les moyens techniques, l’automatisation permettent de produire des composants plus aboutis, parfaitement calibrés, de qualité standardisée et optimisée. On contourne ainsi une grande partie des aléas classiques du chantier, dont une dépendance forte aux caprices de la météorologie.

L’ossature bois est de  loin la technique la plus utilisée en construction bois, et ce n’est pas sans raisons. A structure comparable, le bois est un matériau bien plus léger que le béton. Il permet  de fabriquer des panneaux d’ossature manuportables, de transporter cette ossature à moindre coût, de limiter les fondations, de réduire le volume structurel, de s'ériger sur tous les types de terrains : lot enclavé, exigu, peu stable, à forte déclivité… L’ossature bois sait véritablement s’adapter à toutes les situations.

Selon le degré de préfabrication en atelier, les panneaux d’ossature peuvent être livrés entièrement équipés, fenêtres et parements compris. Sur chantier, le montage d’éléments semi-finis limite les frais de main-d'œuvre, de structure et d'outillage. Particulièrement spectaculaire, l’élévation du bâtiment s'effectue alors en quelques jours grâce à des engins de levage, avec peu de découpes, sur un chantier propre et aux déchets recyclables, grâce à une équipe réduite de 3 ou 4 personnes, sans aucun temps de prise ou de séchage.

Les constructions en bois massif, qu’elles soient constituées de rondins ou de madriers, représentent la tradition de la construction bois, pour une esthétique chaleureuse et rassurante. Les différents éléments, réalisés en atelier et numérotés, sont ensuite assemblés sur chantier. Le bois massif, par sa masse,  apporte une réelle inertie à la construction, favorable au confort d’été. Le bois, par sa nature, est un bon régulateur de l’hygrométrie, avec des valeurs souvent comprises entre 55 et 60%. L’ambiance intérieure est toujours conviviale, les différents traitements possibles de la façade permettent de s’adapter à la plupart des environnements et souhaits du client, des lasures aux peintures appliquées en usine et bénéficiant d’une garantie décennale.

L’association du bois et du béton, au niveau des structures verticales comme des planchers, permet d’additionner les qualités de ces deux matériaux, souvent intéressant pour les projets de grande échelle. Les projets les plus audacieux sont alors possibles.

En structures verticales, la mixité bois/béton cumule les atouts du béton (masse, performances acoustiques, contreventement…) et ceux de l’ossature bois (rapidité de mise en œuvre, niveau d’isolation élevé pour des épaisseurs de murs réduites - un avantage de taille dans les zones d’immobilier cher).

Au niveau des planchers, cette mixité vise le même but : additionner les performances du bois et du béton. C’est le principe du plancher collaborant, qui consiste à couler sur le plancher neuf ou sur l’ancien plancher, alors utilisé comme coffrage perdu, une dalle mince en béton ou en mortier de résine. Cette dalle est liaisonnée au plancher bois par l’intermédiaire de connecteurs métalliques, ou dans le cas d’un mortier de résine par l’intermédiaire d’encoches ménagées avant le coulage dans le plancher bois.

 

Conquérir des parcelles atypiques

Les opérations de surélévation et d’extension sont particulièrement propices aux grandes métropoles : les terrains sont exigus, le prix de l’immobilier est élevé, les accès sont parfois très contraints, et les nuisances doivent être réduites au minimum.

Toutes ces contraintes font du bois un des matériaux les plus pertinents :

- Parce que les chantiers sont rapides, propres et génèrent peu de nuisances.

- Parce que l’ossature bois, légère, rajoute peu de poids aux fondations, dont on ne connaît pas toujours les caractéristiques de résistance.

- Parce que les accès, parfois limités à des impasses ou des ruelles étroites, interdisent le passage de camions et la livraison de matériaux lourds. Cette contrainte devient un formidable atout pour le bois,  livré en éléments prêts à être assemblés, et compatibles avec des cheminements difficiles.

Les parcelles atypiques concernent également les terrains de qualité médiocre, à portance limitée. L’usage du bois présente des atouts considérables, qu'il s'agisse de compétitivité, de gain de temps et surtout de gain de poids, par son adaptation à des terrains peu porteurs ne nécessitant pas de fondations profondes… L’ossature bois, mixée par exemple avec des poutres composites pour les planchers, peut aller jusqu’à diviser par 10 le poids global d’une construction, et éviter ainsi la mise en œuvre de fondations spéciales, toujours très coûteuses.

 

Une réponse simple au risque sismique

En France métropolitaine, la nouvelle réglementation parasismique s’aligne sur la réglementation européenne, qui prend mieux en compte les caractéristiques mécaniques des sols. Cette approche impacte de nombreux départements qui ne l’étaient pas jusqu’alors, comme par exemple des départements du littoral atlantique. Les structures bois sont une réponse efficace face au risque sismique et peuvent parfaitement répondre aux exigences de cette évolution récente.

De fait, les structures bois, bien contreventées, disposant de voiles travaillant ou de structures triangulées par exemple, sont tout à fait aptes à encaisser des efforts sismiques. Ceci est dû notamment aux assemblages du bois, plus ductiles en comparaison avec d’autres structures. Ces assemblages sont également de bons dissipateurs d’énergie, grâce à leur caractéristiques élasto-plastiques.

Concrètement, la construction bois (ossature bois comme bois massif) apporte une grande rigidité, couplée à une très bonne flexibilité, pour suivre les mouvements du terrain en cas de phénomènes sismiques, tout en résistant aux vibrations. La structure bois absorbe les secousses, ce qui permet de limiter les dégâts et les écroulements. Ses qualités d’élasticité associées aux méthodes d’assemblage confèrent à la structure globale une très bonne résistance au risque sismique.

 

Le matériau de toutes les situations

Neuf, rénovation, extension, surélévation, le bois se décline dans  toutes les applications, qu’il s’agisse de structure, de façade, de décoration intérieure ou d’aménagements extérieurs. C’est le matériau « tous terrains » par excellence, qui s’adapte sans surcoûts aux sols les plus délicats, y compris dans les secteurs à risque sismiques.

Le bois s’impose également, dans un contexte accru de qualité, de durabilité et de préservation des ressources. Les architectes, les promoteurs et les entreprises ont la chance d’avoir à leur disposition un matériau renouvelable, pour construire, pour aménager, pour couvrir et pour isoler.

Le bois s’impose enfin, dans un contexte de plannings tendus, grâce à ses atouts de rapidité et de propreté liés au principe de la filière sèche.

Alors, architectes, maîtres d ‘œuvre, entreprises, bailleurs sociaux et élus, il est temps de dire « Oui au bois », le matériau qui ouvre vraiment le champ de tous les possibles. 

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