Oui au bois en extérieur

La Parole de l'Expert

Rencontre avec Clément Ravet, Architecte et urbaniste, membre du Club Oui au Bois.

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« Le bois permet de se fondre dans le paysage »

Nous avons commencé à utiliser le bois dans nos projets à partir de l’année 2000, sur des opérations de restauration et d'aménagement du littoral, à la suite du naufrage de l’Erika.

Nous sommes d’abord intervenus sur des programmes de restauration écologique du littoral. Le bois, par son aspect naturel, s’est imposé assez naturellement pour créer des platelages, des habillages d’ouvrages divers, pour protéger les dunes et des zones en cours de régénération. Plus tard, sur des projets plus urbains, le bois a toujours eu une place de choix, dès lors que l’on est proche de la nature, ou que l’on souhaite donner cette orientation  à un espace jugé trop rigide ou trop minéral, par exemple.

Dans le cas de l’aménagement de la place Auzanneau à Niort, un chantier livré en 2013, le projet intègre la création de trois édicules : un bloc-services (sanitaire automatisé, local technique lié aux animations de quartier et un auvent pour s'abriter), deux cabanons pour des jardins partagés dont un cabanon avec une serre. L'ensemble des édicules est construit en ossature bois. Les revêtements extérieurs sont constitués principalement d'un bardage vertical à claire-voie en chêne massif sans traitement de surface. Il prendra naturellement une teinte grise dans le temps.

Il faut être attentif avec les parements extérieurs. Sur cette opération, les sections sont disposées de manière aléatoire, afin d'accentuer le relief et l'aspect rustique du dispositif. Des entretoises en aluminium laqué de couleurs vives, viennent espacer ces lames de chêne, et participent à l'animation de l'ensemble de la façade. Nous avons également installé des jardinières et des pergolas en bois.

Le bois se prête bien aux aménagements d’espaces publics, il s’efface dans le paysage, il résiste aux chocs et se répare facilement, il se ponce en cas de tags ou de graffitis. A Niort, l’utilisation du chêne pour le mobilier, les jardinières de culture et les édicules permet une homogénéité de matériaux, mais aussi l’utilisation d’une essence locale reconnue pour ses qualités. Nous utilisons aussi couramment le mélèze, le châtaignier, le robinier et l’ipé, pour sa dureté et sa résistance dans des conditions d’humidité sévères.