Oui aux constructions bois en zone sismique

La Parole de l'Expert

Rencontre avec Guillaume Bainier, ingénieur structure indépendant du bureau d’études Bainier Etudes (Puyvert)

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«  Le comportement d’un bâtiment dépend d’abord de ses assemblages»

Le bois sous ses différentes déclinaisons est bien armé pour être utilisé dans les zones sismiques. Il n’existe pas de recette toute faite. L’ossature bois classique, les panneaux contrecollés, les poutres et poteaux en lamellé collé, l’apport d’autres matériaux, comme le béton et le métal, les planchers collaborants… toutes ces techniques sont à prendre en considération, en fonction des contraintes de chaque projet qui doit être examiné comme un cas particulier.

Quelle que soit la configuration, les contraintes et la technique retenue,  le point crucial se situe au niveau de la résistance ultime du bois. En cas de séisme, cette résistance doit toujours rester supérieure à celle des assemblages, ce qui se traduit dans les normes sous l’angle de la ductibilité. Les modes d’assemblages doivent être conçus de manière à résister aux soulèvements et aux déplacements horizontaux générés par le mouvement sismique. Leur forme ne doit pas favoriser les concentrations de contraintes dans le bois. Il convient de ne pas affaiblir ponctuellement ces structures, en créant par exemple des entailles ou des réservations dans les fibres tendues ou fléchies, et plus particulièrement dans les diagonales de contreventement. Enfin,il est possible d’améliorer le comportement des ouvrages par l’utilisation d’amortisseurs, de contrepoids, par la mise en place de liaisons : ancrages, bracons….tiges filetées,  qui brident les différents niveaux entre eux et aident à limiter les déplacements globaux des bâtiments. Cette dernière technique, très répandue sur la côte Ouest des Etats-Unis qui doit faire face  à des séismes de forte intensité, a prouvé son efficacité. Dans tous les cas, le but est de jouer sur la souplesse et sur la cohésion de l’ensemble.