Face au feu, l’atout bois

Le bois, une très bonne tenue au feu

Si le bois n’est pas incombustible, il présente une excellente tenue au feu. Grâce à sa faible conductivité thermique, le bois transmet la chaleur 12 fois moins vite que le béton, 250 fois moins vite que l’acier et 1 500 fois moins vite que l’aluminium.

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Comment ça marche ?

Au cours de la combustion, une couche carbonisée se forme à la surface du bois : huit fois plus isolante que le bois naturel, cette  couche ralentit la combustion du matériau (0,7 mm par face et par minute). Les ossatures et poteaux-poutres en bois conservent leurs capacités mécaniques plus longtemps. Autre sécurité : prêt à se rompre, le bois craque et offre ainsi un signal d'alarme.

Une charpente en bois donne la possibilité d'un temps d'intervention plus long qu'une structure en béton ou acier, du fait de sa plus faible conductivité thermique. Un atout supplémentaire pour les constructions en bois qui tendent à se multiplier, en particulier dans les bâtiments collectifs.

Tableau comparatif des conductivités thermiques, pour différents matériaux :

Matériaux Conductivité thermique λ en W/m.K
Résineux légers ρn ≤ 500 kg/m3 0,130
Résineux mi-lourds 500 < ρn ≤ 600 kg/m3 0,150
Résineux lourds 600 < ρn ≤ 700 kg/m3 0,180
Résineux très lourds ρn >700 kg/m3 0,230
Balsa ρn ≤ 230 kg/m3 0,057
Feuillus très légers 230 < ρn ≤ 500 kg/m3 0,130
Feuillus légers 500 < ρn ≤ 650 kg/m3 0,150
Feuillus mi-lourds 650 < ρn ≤ 865 kg/m3 0,180
Feuillus lourds 865 < ρn ≤ 1000 kg/m3 0,230
Feuillus très lourds ρn > 1000 kg/m3 0,290
Brique creuse 0,450
Pierre 1,15 à 3
Béton 1,40 à 1,75
Acier 50
Aluminium 230

Si le chêne affiche une conductivité thermique inférieure aux autres matériaux, il n'est pourtant pas le bois le plus performant. La tenue au feu peut différer selon les essences adoptées. Le mélèze, par exemple, se montre particulièrement résistant.

Essences de bois Euroclasses
Pin maritime D, s1, d0
Mélèze C, s1, d0
Chêne D, s1, d0
Sapin / Epicéa D, s1, d0

Parole d'expert : Philippe Bourillet, architecte DPLG

Bois.com : La construction bois suscite-t-elle toujours des craintes, concernant sa réaction lors d'un incendie ?

Il existe une idée reçue, disant que le bois serait moins résistant aux flammes. Mais elle est fausse, puisqu'il est au contraire peu conducteur de chaleur et capable de résister suffisamment longtemps pour permettre l'évacuation des lieux. Car l'enjeu pour un bâtiment en feu est avant tout de laisser une marge de manœuvre suffisante aux pompiers. Un bâtiment public résiste deux heures, ce qui laisse le temps d'agir.

Avec le bois, il suffit de choisir une essence résistante. Le chêne brûle plus vite que le sapin mais les structures ne sont jamais en chêne. Je travaille avec de l'épicéa, un résineux qui réagit correctement. Il suffit de sur-dimensionner les poteaux pour une meilleure longévité. Les feuilles de plâtres protègent aussi contre les flammes, elles sont très souvent utilisées dans les constructions bois. Selon l'épaisseur, cela permet par exemple d'augmenter la résistance d'1/2 heure à une heure.

Bois.com : La réglementation française va laisser place, à terme, à l'Eurocode et aux Euroclasses. Comment vous y préparez-vous ?

Les réglementations évoluent toujours dans notre métier, et c'est une bonne chose. Dans le secteur thermique, nous attendons de passer aux normes de la RT 2012. Par la suite, les bâtiments seront moins gourmands en énergie : l'investissement se fait sur le long terme. Pour la sécurité incendie, de la même manière, les exigences seront réévaluées. Cela va dans le bon sens, il suffira de s'adapter.