Oui à une nouvelle façon d'envisager l'Habitat Social

Dossier spécial : le bois dans l'Habitat Social

L’habitat social a toujours favorisé l’application des innovations architecturales et techniques. Les enjeux énergétiques et économiques actuels impliquent plus que jamais une approche globale et renouvelée en profondeur de la construction. Dans cet enjeu à la fois difficile et passionnant, le bois met en avant ses atouts forts de rapidité de pose, de légèreté, de simplicité, de confort, d’esthétisme, de respect des plannings et des coûts.

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De nombreux bailleurs sociaux, loin de tout effet de mode, construisent en bois depuis plusieurs décennies, d’autres privilégient de plus en plus souvent le bois lors d’opérations de rénovation… et ce n’est pas sans raisons.

Qu’attendent aujourd’hui les bailleurs sociaux ?

En construction neuve, les bailleurs sociaux recherchent des techniques constructives qui permettent aux bâtiments d’être rapidement érigés. Ils attendent aussi un respect des délais, des performances thermiques et acoustiques de haut niveau et sans surprises, une maintenance réduite au niveau du fonctionnement des bâtiments, dans le cadre de coûts maîtrisés, avec l’assurance d’une qualité architecturale certaine.

En rénovation, ils visent en priorité une amélioration des performances thermiques, par des procédés qui impactent à minima la vie quotidienne des habitants. Ils privilégient aussi les systèmes qui apportent une nouvelle jeunesse au bâti, au sens esthétique du terme, avec une tenue dans le temps suffisamment longue et sans entretien lourd.

 

Construction neuve : le bois pour une autre façon de concevoir l’habitat

Un des premiers atouts de la construction bois, c’est la possibilité de réaliser en atelier une partie importante des opérations habituellement réalisées sur chantier. Cette organisation est profitable à plus d’un titre. Elle assure en premier lieu un standard de qualité, lié à toute organisation industrielle. La précision, la finition et les prestations des différents composants  qui constituent l’ouvrage futur sont indépendantes des aléas météorologiques et des contraintes de chantier. Les plannings sont respectés et les coûts souvent très bien maîtrisés, comme en témoigne par exemple l’opération de Semussac (voir l’avis d’expert) où le coût ne dépasse pas les 1100 euros du mètre carré construit pour des maisons labellisées BBC Effinergie.

L’autre atout de la construction bois se situe au niveau du respect des performances thermiques annoncées. La RT 2012 amène un progrès important, mais aussi une contrainte. La validation, par le test dit du « blower door », du niveau de l’étanchéité à l’air de l’ouvrage construit, ne pardonne pas les approximations de mise en œuvre. C’est à ce niveau que la réalisation d’éléments constructifs en atelier trouve son intérêt, avec des standards de précision et d’ajustement très supérieurs à ce qui peut être constaté dans un environnement de chantier.

La RT 2012 vise une consommation d'énergie primaire de  50 kWh/m2/an, modulée selon la zone climatique et l'altitude. L’enjeu est de taille, puisqu’il implique d’aboutir à une division des dépenses énergétiques par quatre, comparativement à l’ancienne réglementation, ce qui correspond au  « facteur 4 » du Protocole de Kyoto (signé le 11 décembre 1997).

Là encore, alors que cette réglementation se met en place, des constructions en bois, réalisées depuis quelques années selon les critères du label « BBC Effinergie», proche des contraintes de la RT 2012, montrent des consommations très contenues, avec un niveau de confort élevé,  pour des maisons et des appartements très classiques d’aspect, et aux surcoûts limités.

Enfin, dans un environnement architectural souvent très convenu, le bois apporte une nouvelle contemporanéité aux logements sociaux. Les différentes techniques possibles : ossature bois, poteaux poutres, bois massif, poutres composites, planchers collaborants… permettent toutes les audaces  architecturales, afin de répondre aux tendances d’aujourd’hui, comme aux exigences évolutives d’une société en constante transformation.

 

Rénovation : des qualités intemporelles pour des problématiques actuelles

Aujourd’hui, la rénovation thermique des bâtiments est une priorité nationale, et l’habitat social se trouve au cœur de ce projet d’envergure. Les priorités sont simples : diminuer de façon drastique les déperditions thermiques, moderniser l’aspect de bâtiments à l’architecture souvent fade ou démodée, réhabiliter des zones de vie sociale et réaliser ces travaux en impactant le moins possible la vie des occupants.

Dans un tel environnement, bois et isolation par l’extérieur vont de pair, d’abord pour éviter des interventions lourdes et complexes à l’intérieur des appartements, ensuite pour des raisons  de technique et d’architecture.

Sur le plan technique, l’isolation par l’extérieur permet de supprimer les ponts thermiques. Elle  protège durablement le gros œuvre des intempéries et des chocs thermiques. Le fait de positionner l’isolation à l’extérieur augmente l’inertie du bâtiment, et participe  à l’amélioration du confort d’été.

Dans tous les cas de figure, l’isolation par l’extérieur et le bois font bon ménage. Les systèmes de bardage utilisent dans la plupart des cas des ossatures primaires et secondaires en bois. Le bois se retrouve également au niveau des isolants en laine de bois, plébiscités pour leurs performances thermiques et écologiques.

Mais c’est avant tout sur le plan architectural que le bois sait particulièrement se mettre en valeur. Les fabricants ont su renouveler leurs gammes de bardages et de clins, dans une double démarche de modernité, de simplicité de pose et de durabilité. Les exemples de rénovation sont nombreux sur l’ensemble du territoire, qu’il s’agisse de clins en bois, peints, lasurés ou laissés bruts, panneaux et plaques posés bord à bord…Une grande latitude est laissée aux architectes et aux maîtres d’ouvrage pour transformer en profondeur l’image de bâtiments qui avaient parfois mal supporté le poids des ans.

Le bois, par ses capacités d’adaptation et de légèreté, est également très présent dans les opérations d’extension et de surélévation, y compris en bâtiments collectifs : création de loggias, de coursives, voire mise en œuvre d’un niveau supplémentaire en terrasse et création de nouveaux appartements.

Enfin, en site occupé, le bois s’impose grâce aux nombreux atouts de la filière sèche : des chantiers rapides, propres, générant peu de poussières, supprimant tous les temps de séchage, et ne nécessitant que des moyens légers pour approvisionner les chantiers, un avantage parfois décisif dans les centres villes anciens.

En construction neuve comme en rénovation, le bois démontre au travers de ses différentes applications, sa capacité à apporter de vraies solutions dans une nouvelle approche de l’habitat social.

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