Musée La Maison des Libellules

La Maison des Libellules, construite à Chaillé-sous-les-Ormeaux en Vendée (85), est un musée qui accueille des expositions, mais également des animations pédagogiques sur le thème de la libellule et de l’environnement.

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Bois.com : Comment vous est venue l'idée du bois pour cette réalisation ?

Xavier Bouanchaud : Derrière la Maison des Libellules, s'étend une prairie en partie sauvage où prolifèrent certaines espèces de libellules qui fuient les haies ou les champs trop souvent entretenus.

La maison des libellules avec vue sur le clochet de l'églie

Outre cet environnement, la construction devait se trouver en  lien avec le patrimoine local : l'église et sa place, ainsi que le presbytère, en pierres grises. Un lieu très fortement marqué par une présence de végétal et de minéral.

Il était donc évident de travailler avec le bois, seul matériau qui nous permettrait d'obtenir une relation étroite entre le bâtiment ancien et la partie nouvelle. En effet, le revêtement extérieur en bois grisaille naturellement en vieillissant, se rapprochant de la couleur de la pierre, pour obtenir un ensemble monochrome.

Bois.com : Cet environnement unique vous a-t-il conduit à employer des méthodes spécifiques ?

X.B. : Bien sûr. Par exemple, la structure pin douglas de la salle d'exposition (350 m²) a été uniquement assemblée mécaniquement. Nous avons ainsi évité toute utilisation de colle ou de produit potentiellement nocif. En outre, seuls les bois de charpente sont traités contre les insectes.

La maison des libellules vue d'un champ

Pour les bardages intérieur et extérieur, nous avons utilisé du pin douglas à cœur, c'est-à-dire purgé d'aubier. Le revêtement extérieur est composé de tasseaux posés verticalement. Un vide d'air de 2 cm est aménagé entre chaque tasseau fixé sur une structure horizontale. Il n'y a donc pas de stagnation d'eau, le bardage est ventilé. Puis l'isolation avec un pare-pluie est posée.

De plus, le bois n'est pas raboté : il présente des "petites pelures" qui permettent à la pluie de s'évacuer, conférant une plus grande pérennité au matériau.

Outre le choix des essences et la manière dont elles ont été mises en œuvre, ce chantier a consommé peu d'énergie de transformation et de transport, puisque nous avons utilisé un bois local, scié aux dimensions requises pour la construction.

Un musée destiné à sensibiliser
les enfants à la qualité environnementale.

Bois.com : Quelles sont les autres particularités de ce chantier ?

X.B. : Nous avons beaucoup travaillé avec des matériaux dits naturels. Le bois avec sa filière sèche et la végétalisation de toutes les toitures où il était possible de le faire.

Nous avons également eu l'idée de créer un jardin contemporain constitué de végétation et de zones humides. En collaboration avec un paysagiste, nous avons donc choisi des plantes s'intégrant parfaitement à l'écosystème environnant. En effet, il n'était pas possible d'introduire n'importe quelles espèces, car certaines repoussent les libellules.

Bois.com : Qu'avez-vous apprécié le plus dans ce projet ?

X.B. : Ce qui m'a le plus touché, c'est l'idée que l'on s'est faite de ce lieu. Ce concept un peu "léger" sur le thème des libellules, voué à une activité pédagogique passionnante : sensibiliser les enfants à la qualité environnementale.

Vue sur le jardin de la maison des Libellules

Au final, ce projet a nécessité plusieurs années d'études. Car il nous a fallu du temps pour convaincre les élus de la Communauté de Communes du Pays Yonnais et imposer notre choix du bois. Mais certaines personnes nous ont soutenues, comme par exemple Yann Hélary, élu vert de la commune de La Roche-sur-Yon et de la région, ou Philippe Darniche, président de la communauté de commune et sénateur de Vendée. Ils ont réussi à mettre en place une relation saine avec l'ensemble des intervenants impliqués, et ces soutiens, issus de partis politiques différents, nous ont permis d'avancer.