Lycée : la souplesse et l’élégance du bois pour une rénovation sur mesure

Situé au cœur d’un parc de 15 ha dans la vallée de l’Orge, le lycée Jean-Baptiste Corot bénéficie d’un cadre exceptionnel. Construit dans les années 50 et devenu trop petit, le bâtiment avait besoin d’être rénové. La Région a confié à François Leclercq et Fabrice Dusapin le soin de le faire revivre sans lui faire perdre son caractère d’origine.

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Bois.com : Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?

François Leclercq : Lors de la visite du site pour la première fois, j'ai été ébahi par la qualité du lieu : le passage de l'Orge, la présence d'un château du XIVème siècle, et un parc magnifique.

Un chantier sobre, propre et silencieux

Bois.com : La Région souhaitait conserver les bâtiments d'origine. Comment avez-vous intégré cette contrainte dans le choix des matériaux ?

F.L. : Il s'agissait d'inventer de nouveaux bâtiments par adjonction à ceux existants, qui sont en pierre. Surtout, le lycée devait continuer à fonctionner pendant les travaux. C'est pour cela que le chantier s'est fait par tranches, et que l'idée du bois a été naturelle.

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Le lycée Corot s'intègre à son environnement naturel.

Bois.com : Voulez-vous dire que le bois était le matériau idéal pour ce type de chantier ?

F.L . : Oui, car les éléments devaient venir se « greffer » aux lieux tout en s'y conformant. Le bois, très souple, était une évidence à ce titre. Il l'était aussi par rapport à l'exigence d'être le moins bruyant possible, afin de ne pas gêner les étudiants : très peu de béton et aucune grue fixe, pour un chantier sobre, propre et silencieux. Enfin, il y avait la question de l'intégration dans l'environnement du parc. Nous avons choisi et travaillé la couleur du bois afin qu'elle s'acclimate avec la forêt alentour.

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Le Lycée Corot est situé dans un environnement calme et harmonieux.

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Les étudiants apprécient le confort et la douceur apportés par le bois.

Bois.com : Le bois a parfois mauvaise réputation auprès des collectivités. Qu'en est-il réellement du risque d'incendie ?

F.L . : En réalité, quand on conçoit des bâtiments relativement bas (derniers planchers à moins de 8 mètres), il y a peu de problèmes, en particulier pour les façades. Pour la structure, on calcule le coupe-feu en termes de temps, c'est à dire de vitesse de consumation. Et un des « avantages » du bois à cet égard est que contrairement à d'autres matériaux, il se consume, mais ne se déforme pas.

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Le bâtiment répond parfaitement aux normes de sécurité incendie.

Bois.com : Les architectes et les maîtres d'ouvrage sont-ils en train de redécouvrir le bois selon vous ?

F.L . : Ce que je souhaiterais, c'est que le bois ne soit pas qu'une « vêture » à la mode. Car il est souvent utilisé uniquement en façade, par dessus les matériaux classiques. Ce qui m'a intéressé dans ce projet, c'est justement de constater que le bois est capable de faire beaucoup : de la structure, de la portée... C'était un vrai plaisir et nous avons beaucoup appris. Nous refaisons d'ailleurs aujourd'hui un autre bâtiment en reprenant le même système.

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A la fois technique et esthétique, le bois est un véritable matériau polyvalent.