Du BBC au BEPOS en passant par la RT 2012

Dossier Spécial : point sur la réglementation thermique

Le monde de la construction est engagé depuis 1974 dans la réduction des besoins en chauffage des bâtiments. En quarante ans, la consommation d’énergie primaire des bâtiments résidentiels a été divisée par quatre, et ce n’est pas fini…

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Du BBC au Bepos, en passant par la RT2012 et le Bepas

La réglementation thermique actuelle, dite RT 2012, s’applique aux constructions dont le permis de construire est postérieur au 1er juin 2013. Malgré un niveau de contraintes assez élevé, cette réglementation, théoriquement applicable jusqu’en 2020, reste un outil de transition. Le but final est de tendre vers des constructions entièrement passives, voire à énergie positive, dites BEPAS et BEPOS. Avant d’en arriver là, il importe déjà de vérifier le comportement des bâtiments répondant aux différents labels « basse consommation d’énergie », et quels enseignements il est possible d’en tirer pour l’avenir.

 

BBC Effinergie : un pas important vers la RT2012

Inspiré du label suisse Minergie, le label BBC-Effinergie permet, dès le milieu des années 2000,  d’anticiper, mais aussi de valider les points qui feront ensuite la trame de la RT2012. Ce label comptabilise les dépenses énergétiques liées au chauffage et à l’eau chaude sanitaire, il prend en compte les dépenses d’éclairage, de climatisation et de ventilation.

La consommation maximale admise, 50 kW/m2/an, représente une valeur moyenne, qui doit être modulée selon la zone climatique et l’altitude, sur la base de 50 x (a+b), le coefficient « a » étant attaché à la zone climatique, et le coefficient « b » à l’altitude.

Cette valeur traduit également une consommation dite « d’énergie primaire », sur laquelle il faut appliquer un coefficient en fonction de l’énergie retenue, pour retrouver la consommation réelle, celle qui est facturée en kWh. Ce coefficient est de 0.6 pour la biomasse, de 1 pour le gaz et le fioul, et de 2.58 pour l’électricité. De fait, il favorise le chauffage au bois, il est neutre pour les énergies fossiles, et pénalise fortement le chauffage électrique.

 

RT 2012 : le besoin bioclimatique fait son apparition

La RT2012 prend naturellement la suite du label BBC. La grande innovation, c’est de faire apparaître une notion de « besoin bioclimatique ou BBio ». Ce besoin s’exprime en nombre de points, qui déterminent le niveau de conception bioclimatique du bâtiment, au travers des besoins de chauffage, de climatisation et d’éclairage. Les 2 premiers postes sont affectés d’un coefficient 2 et l’éclairage d’un coefficient 5, ce qui permet d’obtenir le niveau BBio en points.

Autre nouveauté par rapport au label BBC, la RT 2012 module la consommation maximale en fonction de la surface, mais aussi selon le type de bâtiment et en fonction des émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées.

La RT2012 innove également par l’obligation d’injecter une part d’énergies renouvelables en maison individuelle, sur une base minimale de 5 kWhep/m².an. En outre, il y a obligation d’avoir recours à au moins un équipement très performant : eau chaude sanitaire produite par un chauffe-eau solaire thermique ou par un chauffe-eau thermodynamique, raccordement à un réseau de chaleur alimenté à plus de 50% par une source d’énergie renouvelable ou récupérée, chauffage et/ou eau chaude sanitaire avec chaudière à micro-cogénération produisant de l’électricité en même temps que du chauffage ;

Enfin,la RT2012 impose dans les faits de traiter les ponts thermiques, très pénalisés lorsqu’ils ne peuvent être correctement traités.

 

Bepas et Bepos  à l’horizon 2020

Les bâtiments à énergie passive (Bepas) et à énergie positive (Bepos) doivent devenir la norme minimale dès 2020. Ils sont inspirés du label allemand Passivhaus, et vont encore plus loin quela RT2012, puisque le but est d’obtenir un bilan nul entre consommation et production d’énergie. Les bâtiments à énergie positive (Bepos) relèvent de la même démarche, mais doivent produire sur une année plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Pour atteindre ce résultat, ils doivent par exemple être équipés de panneaux photovoltaïques en quantité suffisante, d’éoliennes ou d’autres moyens permettant de produire de l’électricité, revendue et réinjectée ensuite dans le réseau ERDF.

Quel que soit sa situation géographique, une maison passive, avec tout le confort actuel, ne doit pas nécessiter plus de 15 kWh par m2 et par an, soit 1,5 litre par m2 et par an d’équivalent pétrole, en besoins de chauffage. Pour ce faire, elle doit utiliser toutes les sources de chaleur disponibles : soleil, habitants, etc… Les performances des fenêtres, mais aussi la qualité de l'isolation des murs extérieurs, du toit et du sol, doivent permettent de conserver durablement la chaleur à l’intérieur. L'air neuf est fourni par une ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux à faible bruit de fonctionnement (25 db), qui récupère la chaleur de l’air sortant pour réchauffer l’air entrant.

L’obtention du label implique une consommation totale en énergie primaire inférieure à 120 kWh/m2.an. C'est une approche globale puisque celle-ci comprend les besoins en chauffage, en refroidissement, en eau chaude sanitaire, en ventilation et électricité auxiliaire, en éclairage, sans oublier les besoins énergétiques de l’ensemble des appareils électroménagers.

Plus d'info sur le bepos : www.bepos.fr

Premiers retours d'expériences

Au travers de nombreuses réalisations répondant aux labels Passivhaus, BBC, Effinergie, Minergie… proches dela RT2012 dans les niveaux de performances à atteindre, les différents acteurs de l’acte de construire disposent déjà d’un retour intéressant sur la réalité de constructions que l’on peut qualifier « à basse consommation d’énergie ».

En premier lieu, une qualité optimale de conception et de réalisation s’impose. Le niveau de performance  à atteindre ne pardonne pas les approximations. Ce niveau de qualité vise l’homogénéité et la cohérence de l’isolation, la précision des assemblages, l’étanchéité à l’air, le renouvellement de l’air.

Une conception optimisée et le choix des meilleurs matériaux ne sont pas les seuls critères  à prendre en compte. On doit y rajouter une réalisation parfaite, qu’il s’agisse des parties courantes ou des points particuliers.

Pour arriver aux résultats escomptés, l’interface entre les différents corps d’état se doit d’être particulièrement bien gérée. Cette contrainte, perçue rapidement par le monde de la construction, s’est traduite par la mise en place de nombreuses formations, dont la structure FeeBat, qui permet aux différents corps de métier de s’informer sur les autres spécialités du bâtiment. Par exemple, il ne s’agit pas pour le menuisier de devenir charpentier ou plaquiste, mais d’intégrer les contraintes de ce dernier pour intervenir en bonne symbiose. 


Une longueur d’avance pour le matériau Bois

Qualité de conception, rigueur de réalisation et d’assemblage des différents composants…le bois répond évidemment «présent» à ces différents challenges. En effet, qui dit construction bois dit assemblage des différents composants en atelier, avec des conditions de précision, de contrôle, de mise en œuvre, voire d’automatisation…débarrassées des aléas et de la plupart des contraintes, inhérentes aux chantiers de maçonnerie traditionnelle.

Première contrainte, atteindre le niveau RT 2012 impose des performances élevées d’étanchéité à l’air. Le seuil à atteindre, des déperditions limitées  à 0,6 m³/h.m² pour une maison individuelle, et à 1 m³/h.m² pour un immeuble collectif, ne laisse pas de place  à l’improvisation et aux assemblages aléatoires. Les principaux points faibles, favorisant les entrées d’air parasites, se traduisent par des défauts de liaison des parois verticales et horizontales, des défauts de calfeutrement des menuiseries, des prises de courant, du tableau électrique, des passages de câbles ou de conduits, etc.

On comprend dans ces conditions l’intérêt d’une préfabrication en atelier, qu’il s’agisse d’ossature bois ou de bois massif,  avec des composants : structures, remplissages, isolants, menuiseries parfaitement ajustés entre eux. Le bois, par son principe constructif et la précision des assemblages, répond naturellement à ces contraintes majeures. La mise en œuvre sur chantier doit être particulièrement soignée, et les éléments constitutifs assemblés entre eux, avec le même soin qu’en atelier. L’usage de composants en bois, par définition très calibrés, favorise des ajustements précis et durables, sans avoir à compenser des liaisons perfectibles, par toutes sortes de joints à la durabilité incertaine.

 

Entre les qualités naturelles d’isolation du bois, une isolation performante et une mise en œuvre soignée, le confort d’hiver peut être facilement assuré, pour des déperditions limitées et des besoins en  énergie réduits. L’obtention d’un bon confort d’été passe également par une isolation performante, mais aussi par une conception suffisamment bioclimatique. Isoler avec de la laine de bois apporte déjà une certaine inertie, utile pour maintenir une certaine fraicheur dans l’habitation,  en  cas de vagues de chaleur de durée limitée. Mais il faut aller  plus loin dans la réflexion, pour espérer maintenir un confort correct lors de périodes de chaleur prolongées. Des toitures suffisamment débordantes freinent les ardeurs du soleil d’été, tout en maintenant les apports solaires l’hiver et en demi-saison, lorsque le soleil est plus bas. L’aménagement de végétations à feuillage caduc vise le même objectif : apporter de l’ombre en été et laisser passer le soleil en hiver. La mise en œuvre d’un puits canadien peut aussi être envisagé, une circulation forcée de l’air en période nocturne est également  à prendre en compte… Toutes solutions qui limiteront les surchauffes d’été et éviteront le recours à un système de climatisation sont à privilégiées.

 

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