La palette en bois

Chargement du player vidéo en cours, si rien ne se passe vous devrez très probablement installer la dernière version d'Adobe Flash.

Transcript →
26 Jan 2012 - 
1 2 3 4 5  (3 votes)
 - 1363 vues

Importée en Europe par les Américains lors du débarquement de 1945, la palette en bois a aujourd'hui conquis la planète entière en tant qu'outil de transport et de stockage standardisé.

En effet, une même palette peut être manutentionnée par un chariot élévateur ou par un transpalette n'importe où dans le monde. Un avantage qui, couplé à son faible coût, en fait un instrument indispensable au commerce de marchandises.

Pour mieux comprendre ce qui fait de cet outil à première vue archaïque un instrument logistique essentiel, suivons CHRISTOPHE MATHE, directeur du site de production de Coquainvilliers, qui nous ouvre aujourd'hui ses portes.

Christophe Mathé : La palette n'est plus simplement un assemblage de quelques planches et avec quelques clous, mais ça devient un outil logistique qui doit garantir à l'industriel une utilisation sans faille dans son process.

Les palettes doivent aujourd'hui s'intégrer dans des systèmes de manutention automatisés, qui ont de moins en moins de tolérance, comme dans les ports ou dans les chaînes de grande distribution. Plus question que la palette ne dépasse la norme d'un millimètre, sous peine de voir toute la chaîne s'arrêter.

Christophe Mathé : Les clients sont de toute façon de plus en plus difficiles et ont des cahiers des charges de plus en plus rigoureux au niveau de l'aspect de la palette, au niveau de la qualité intrinsèque de la palette et aussi au niveau des pointes qui dépassent, qui restent l'obstacle et la difficulté majeure. Il ne faut pas qu'il y ait de sacs ou de jerricans qui soient percés.

Pour atteindre l'objectif d'une palette défaillante sur mille, les fabricants ont dû faire évoluer leurs pratiques. Ici, les chaînes de production ont été équipées de systèmes de détection des pointes saillantes, et pour la modernité du processus, jugez-en vous-même.

Les dés sont mis en position par un robot. Le plateau, assemblé auparavant sur une autre chaîne, est cloué par-dessus. Le tout est retourné, on fixe enfin les traverses et le tour est joué.

Résultat : quinze secondes, sans qu'aucun être humain n'ait encore touché le bois. Un processus extrêmement rationalisé qui permet à Christophe Mathé d'aborder l'avenir sereinement.

Christophe Mathé : Economiquement, c'est très, très difficile de délocaliser une production de palettes. Dans une production de palettes, la part main d'oeuvre est très faible. La majorité du prix de revient d'une palette, c'est la matière première. Donc la palette reste un produit qui ne pourra être produit que dans un rayon de quelques centaines de kilomètres de l'endroit de consommation des palettes.

En dépit des apparences, il existe plusieurs milliers de palettes différentes. Rien à voir avec la couleur, qui différencie ici les stocks de chaque client. Il s'agit plutôt des normes de traitement du bois.

Christophe Mathé : Alors ici, on se trouve au niveau de la dernière opération que les palettes subissent, à savoir un traitement et le séchage, suivant les besoins de nos clients. Donc les palettes arrivent préchargées sur ces plateaux et entrent ensuite dans les cellules de séchage.

On chauffe les palettes afin de donner le taux d'humidité désiré par le client, l'objectif étant d'éradiquer les parasites du bois, mais aussi d'éviter les dégagements d'eau.

Christophe Mathé : Les clients nous demandent de plus en plus de sécher leurs palettes, pour pouvoir, suivant les cas, avoir une humidité constante dans un hall, pour pouvoir poser directement des produits dessus, pour pouvoir housser ses produits sans que l'humidité résiduelle de la palette remonte dans les produits. Donc on nous demande des séchages suivant les besoins qui vont de 15 à 22 pour cent.

Dernier avantage et pas des moindres : la palette présente de nombreuses qualités environnementales. Elle permet de mettre en valeur le patrimoine forestier français, puisqu'elle utilise principalement des bois de première et de seconde éclaircie.

Elle peut être réparée, ce qui lui donne une durée de vie moyenne de 7 à 10 ans, période pendant laquelle elle va stocker du carbone.

Enfin, lorsqu'elle atteint sa fin de vie, la palette peut être broyée et valorisée en tant qu'énergie, ou encore comme matière première pour l'industrie des panneaux de bois.

Merci à Christophe Mathé pour sa participation. Enquête, journaliste, montage, mixage et réalisation : Antonin Molino. Journaliste et Image et son : Pierre Grillot. Producteur : Fabrice Papillon. Production exécutive : Scientifilms.

La palette en bois

Outil simple et efficace, la palette en bois est devenue un rouage logistique indispensable au stockage et au transport de marchandises. Peu coûteuse et adaptable à tout type de besoin en termes de traitement et de taille, elle bénéficie d'une fabrication d'une grande précision. Elle peut ainsi s'intégrer à des process industriels exigeants. Christophe Mathé, dirigeant de l'entreprise Péruréna du groupe PGS, propose une visite guidée dans cette usine de fabrication de palettes à la pointe de la modernité.

Fiche technique

  • Reportage : décembre 2011
  • Lieu : Coquainvilliers (Calvados)
  • Avec : Christophe Mathé, dirigeant de Péruréna, entreprise du groupe PGS