La scierie, entre nature et industrie

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5 Sep 2011 - 
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Installée au cœur des Landes, où le pin maritime est roi, l'entreprise Lesbats Scieries d'Aquitaine en a fait son unique matière première, qui sert pour presque tous les usages possibles et imaginables.

Dans cette scierie familiale, l'expérience se transmet depuis quatre générations et génère une centaine d'emplois permanents, plus un grand nombre d'emplois temporaires.

Paul Lesbats : L'approvisionnement d'une scierie comme celle-ci se fait sur un rayon d'à peu près 80 kilomètres dans une forêt qui borde la scierie.

Généralement l'approvisionnement d'une scierie comme celle-ci se fait en flux tendu parce que la forêt est accessible tout au long de l'année.

Ce qui veut dire que nos stocks de bois sont surtout des arbres sur pied, nous avons peu de stocks entre le moment où on va abattre ces arbres et le moment où on va les scier.

Dès son arrivée sur place, le bois est séparé en trois catégories selon la partie de l'arbre d'où il provient.

Trois qualités, une pour le bois d'ameublement et de décoration, une pour le bois de charpente et de construction, et enfin une pour l'emballage et la fabrication de palettes.

Hugo CASAUBON, chef de production, nous fait découvrir le parcours du bois dans les entrailles de l'usine.

Hugo Casaubon : Nous sommes en train de regarder une phase de déchargement des billons de bois qui proviennent de la forêt.

Ces bois vont ensuite passer dans une écorceuse, nous récupèrerons l'écorce et la phase de sciage va pouvoir ensuite commencer.

Les billons passent donc dans un anneau équipé de lames qui le débarrassent de sa couche externe.

Un système de passerelles permet à Hugo Casaubon de superviser la transformation du bois en passant aisément d'une étape de production à la suivante.

Hugo Casaubon : Nous sommes ici sur la scie de tête, la première machine de la scierie, qui va… d'un billon de bois rond, va le transformer en rectangle.

Une scierie à la pointe de la technologie : des capteurs, des caméras, des logiciels dédiés.

Mais les machines, aussi performantes soient-elles, sont soumises au regard vigilant de l'homme.

C'est sa concentration et son expérience qui font la différence et garantissent la qualité finale.

Hugo Casaubon : Après les opérations d'écorçage, de sciage, de délignage, les produits vont être triés ici par qualité et par section.

Après avoir été trié, le bois sera d'abord traité, puis séché à un degré précis d'humidité en fonction de l'application à laquelle il est destiné.

Loïc de Kerros, directeur commercial, nous en présente les nombreuses utilisations possibles.

Loïc de Kerros :Ce type de bois, on le retrouve sous forme de meubles, on le retrouve sous forme de moulures, lames de terrasse, en bardages, en clins, bois de coffrage, enfin il y a énormément d'applications pour le pin maritime sur nos marchés traditionnels.

Enfin, dernière étape : tous les résidus des sciages sont conditionnés pour une nouvelle utilisation.

Ici rien ne se perd, tout se transforme. C'est ce que l'on appelle les produits connexes : les écorces pour les jardineries, la sciure pour  les panneaux de particules, et enfin, la plaquette forestière.

Hugo Casaubon : Ce que le tracteur charge, c'est de la plaquette forestière, qui va servir pour l'industrie papetière, mais aussi dans la fabrication de la ouate de cellulose pour l'isolation des maisons.

A la croisée des chemins entre la sylviculture et le monde industriel, Paul Lesbats nous livre sa vision de l'avenir.

Paul Lesbats : On est dans une période dans laquelle il y a une… de fortes tensions sur les matières premières, une raréfaction des matières premières,  des problèmes de transport, et qu'on le veuille ou non, il faudra quand même repartir vers une économie qui soit plus locale, et qui soit basée sur des matériaux durables.

On a la chance de pouvoir travailler un matériau qui justement peut être travaillé avec peu d'énergie, qui peut stocker le carbone, qui peut être pris dans un environnement local et qui peut être replanté, donc il y a tout un tas de facteurs qui font que l'industrie du bois, et notamment l'industrie du bois en France, a clairement de belles années à vivre devant elle.

Merci à Paul Lesbats, Hugo Casaubon et Loïc de Kerros pour leur participation. Réalisation : Ioana Sincu. Image et son, montage : Dove Belhassen. Mixage : Antonin Molino. Enquête et journaliste : Ioana Sincu. Producteur : Fabrice Papillon. Production exécutive : Scientifilms.

La scierie, entre nature et industrie

Souvent situées au cœur des massifs forestiers, les scieries sont de véritables complexes industriels. Paul Lesbats ouvre les portes de son entreprise, Lesbats Scierie d’Aquitaine, qui produit planches et autres matériaux dérivés du bois brut. Il aborde la problématique commune à toutes les scieries : à savoir, la conciliation des logiques écologique et industrielle.

Fiche technique

  • Reportage : juillet 2011
  • Lieu : Léon (Landes)
  • Avec : Paul Lesbats, dirigeant de l'entreprise Lesbats Scieries d'Aquitaine, Hugo Casaubon, chef de production et Loïc de Kerros, directeur commercial